Plan d’action RSE : comment le réaliser et le mettre en place dans son entreprise ?

L’engagement dans une stratégie RSE (responsabilité sociétale des entreprises) témoigne de la contribution de l’entreprise aux démarches de développement durable menées par tous les acteurs de la société. Établi au regard d’un état des lieux précis et d’objectifs clairs, le plan d’action RSE joue un rôle clé dans cet engagement. Potentiellement évolutif, il permet d’adapter le fonctionnement de l’entreprise à ses nouvelles responsabilités sociales et environnementales.

Étapes pour réaliser un plan d’action RSE

Analyse des enjeux

La réalisation d’un plan d’action RSE nécessite un état des lieux préalable des impacts de l’entreprise dans les domaines constitutifs des piliers RSE : sociétal, de gouvernance et environnemental. Dans cette démarche d’évaluation, les entreprises peuvent être accompagnées par leur Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) ou par des organismes tiers. L’état des lieux préalable à l’élaboration du plan d’action RSE comprend une analyse des différents enjeux auxquels devra répondre la stratégie.

Cela implique :

  • Une évaluation de l’impact environnemental des activités de l’entreprise
  • Une cartographie de la chaîne d’approvisionnement
  • Un dialogue avec les salariés, collaborateurs et différentes parties prenantes

L’évaluation de l’impact environnemental peut passer par un bilan carbone. Effectuer un bilan des émissions de gaz à effet de serre générées par l’entreprise constitue tout à la fois la première action de votre démarche RSE et le socle des actions à venir.
Cette phase à visée diagnostique est aussi l’occasion d’identifier les éventuelles actions RSE déjà mises en place dans l’entreprise et leur impact, social ou environnemental.

Définition des objectifs

Élaborer un plan d’actions RSE nécessite d’identifier des objectifs, qui doivent rester cohérents avec les valeurs de l’entreprise et sa stratégie commerciale globale (son business plan).

 

Pictogramme des 3 piliers RSE avec quelques exemples imager (arbre, gouvernement, déchets...)

Les objectifs de l’entreprise en matière de RSE définiront les actions à réaliser dans les 7 domaines énoncés par la norme ISO 26000 :

  • Les droits humains
  • Les conditions de travail
  • L’environnement
  • La loyauté et les bonnes pratiques des affaires
  • La protection et le respect des consommateurs
  • La contribution au développement des territoires locaux
  • La gouvernance de l’entreprise

Ces axes constituent des lignes directrices pertinentes pour la définition des objectifs de l’entreprise en matière de RSE. Ils peuvent servir de canevas au plan d’action.
Les objectifs d’une politique RSE doivent être atteignables et mesurables, à court, moyen et long terme. On comprend à travers cette perspective que le plan d’actions est amené à évoluer. Des révisions successives des objectifs sont à prévoir en fonction des résultats des actions menées, mais aussi à mesure que s’élèvent les ambitions de notre société, notamment en matière d’environnement.

Pictogramme d'une homme et une femme qui coche leur to do liste

Élaboration du plan

La norme ISO 26000 fournit les lignes directrices nécessaires à la réalisation d’un plan RSE. Des plateformes de gestion de stratégie RSE permettent de paramétrer toutes les actions à mener pour atteindre les objectifs visés.
La formalisation du plan d’actions est une étape importante. La présentation du plan va en effet prendre la forme d’un document qui constitue tout à la fois une preuve d’engagement de la part de votre entreprise et un support de communication.

L’élaboration du plan d’actions RSE comprend :

  • La présentation du contexte du plan d’actions (rapport de l’état des lieux effectué en amont)
  • Les engagements de l’entreprise
  • La présentation des démarches prévues et des moyens mis en œuvre (ressources matérielles, financières et humaines)
  • La méthodologie de suivi et de mesure des résultats, à travers des indicateurs de performance précis

 

Mise en place du plan d’action RSE

Engagement des parties prenantes

L’engagement des parties prenantes et leur adhésion au plan d’action doivent être recherchés en amont du déploiement de la stratégie RSE dans l’entreprise. Par parties prenantes, on entend les employés, les fournisseurs, les partenaires institutionnels, les sous-traitants, ainsi que les clients ou usagers.
Il est avantageux d’introduire le sujet le plus tôt possible et de convaincre les parties prenantes de l’intérêt qu’elles retireront à s’y investir.

Deux axes sont à privilégier pour obtenir l’engagement des différentes parties prenantes à vos nouvelles pratiques RSE :

  • L’importance de l’enjeu (d’un point de vue sociétal, environnemental, mais aussi commercial et économique)
  • Le sentiment d’utilité, intéressant à cultiver pour favoriser l’adhésion des employés, clients et partenaires

L’implication des parties prenantes peut être considérée comme l’un des aspects de l’étape de mobilisation des ressources.

 

Communication et formation

L’adoption d’un plan d’actions de développement durable en entreprise doit faire l’objet d’une communication soignée, aussi bien externe qu’interne. Il s’agit pour l’entreprise de communiquer sur ses valeurs, sur ses engagements, mais aussi plus précisément et de manière régulière sur ses actions et leurs résultats. En impliquant les salariés dans la conception d’un support périodique dédié aux actions RSE à destination des clients et partenaires, l’entreprise fait d’une pierre deux coups !

Pour la réussite d’une implémentation RSE en entreprise, la sensibilisation des parties prenantes doit être accompagnée d’une action de formation. Dans une double perspective d’atteinte des objectifs et d’implication des salariés, il est pertinent de former les chefs de service, managers et autres responsables d’équipe aux nouvelles pratiques prévues par le plan d’action.
Mettre en place la RSE en entreprise nécessite en effet pour les employés des changements d’habitude concrets, qu’il s’agisse de gestion des déchets, d’économie de consommables, de réduction de la consommation d’énergie.

Suivi et évaluation

Il est essentiel d’évaluer les résultats des actions mises en place dans le cadre de la politique RSE au regard des objectifs fixés par le plan. Le suivi des progrès de l’entreprise en matière de responsabilité sociétale et environnementale se fait grâce aux indicateurs clés de performance, également définis par le plan. Il s’agit :

  • D’indicateurs environnementaux : part des déchets recyclés, empreinte carbone, diminution de la consommation d’énergie, etc.
  • D’indicateurs sociaux : indice de satisfaction des employés, qualité de vie au travail (QVT), indice de formation, d’inclusion, d’égalité femmes/hommes, etc.
  • D’indicateurs de gouvernance : ressources allouées au développement durable, composition de l’équipe RSE, etc.

 

Toute politique RSE s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue. En conséquence, le suivi des progrès accomplis permet d’éventuels ajustements du plan :

  • L’introduction de nouvelles actions
  • La mise en place de nouveaux processus
  • Le lancement ou l’abandon d’initiatives locales
  • La réévaluation à la hausse ou à la baisse de certains objectifs ou la modification de leurs délais

Le suivi du plan RSE fera lui aussi l’objet d’une communication, à travers la publication de rapports réguliers, accessibles aux différentes parties prenantes.

Pictogramme d'un rond avec à l'intérieur deux hommes, un bâtiment et une feuille symbolisant la RSE

Exemples de plans RSE réussis

Un plan d’action RSE réussi est un plan qui prévoit des actions concrètes, réalisables et mesurables, répondant aux exigences des différents axes fixé par la norme ISO 26000 pour définir une entreprise responsable.

Celui-ci peut donc combiner plusieurs de ces exemples d’actions RSE :

  • Des ateliers « fresque du climat » organisés pour sensibiliser les employés
  • Des actions en faveur de la mobilité douce (usage partagé, flotte de véhicules électriques, vélos de fonction, encouragement au covoiturage
  • De nouveaux usages informatiques, avec une flotte d’équipements reconditionnés, une politique de maintenance efficace, des pratiques durables (stockage, batterie)
  • Un changement pour un fournisseur d’énergie verte ou des démarches pour tendre vers l’autonomie énergétique
  • Le déploiement du télétravail pour réduire les émissions de CO2 de l’entreprise
  • L’organisation d’événements solidaires ou locaux
  • Une meilleure gestion des ressources et des déchets
  • Le passage à l’éclairage LED
  • L’adaptation des bâtiments pour de meilleures performances énergétiques
  • La sensibilisation à une alimentation responsable
  • Des démarches RH en faveur de la diversité, de l’égalité et de l’inclusion

Les avantages de la RSE sont multiples. En plus de participer activement aux objectifs de développement durable, l’entreprise bénéficie du respect et de l’estime des clients, de plus en plus sensibles aux enjeux sociétaux et environnementaux. Si une communication efficace permet de profiter de ces avantages, l’obtention d’un label RSE offre une visibilité plus directe encore sur les engagements de l’entreprise. La labellisation constitue une garantie recherchée par les consommateurs comme par les partenaires.