Tout savoir sur le recyclage : définition, logos, enjeux, entreprises

Si le recyclage n’est pas une notion nouvelle, elle s’impose en revanche aujourd’hui comme l’un des principes fondamentaux de l’économie circulaire. Souvent réduit au seul tri sélectif, le recyclage est en réalité une démarche complète, qui commence et se termine bien en amont et en aval de la chaîne de valeur. Quelles sont ses modalités et ses enjeux ? Comment bien décrypter les logos créés pour favoriser le recyclage et faciliter sa mise en place ?

Définition et principes fondamentaux du recyclage

Le recyclage consiste en une valorisation des déchets, dans le but de leur permettre de remplir de nouvelles fonctions ou de remplir à nouveau leur fonction initiale. La démarche se situe ainsi en seconde position dans la hiérarchie des modes de traitement des déchets définie au niveau européen, derrière la réutilisation.

Le recyclage : mode de traitement des déchets

Le recyclage s’entend d’abord comme un mode de traitement des déchets, qui ne vise pas à leur élimination, mais à leur transformation en vue d’une régénération. Le recyclage se distingue cependant de la réutilisation en ce qu’il concerne la matière et non l’objet.

Dans une démarche de réemploi, l’objet peut être réparé pour être utilisé de nouveau dans le cadre de ses fonctions initiales. Dans une démarche de réutilisation, l’objet peut être détourné dans l’optique d’un tout autre usage. Dans le recyclage enfin, ce sont les matières qui sont réutilisées pour la fabrication de nouveaux produits.

Le recyclage des déchets implique la mise en place d’un système de collecte spécifique et d’une filière de tri en amont de la transformation puis de la mise en œuvre des matières issues des déchets.

 

Logo recyclage vert - 3 flèches se rejoignent les unes aux autres

Mais aussi mode de production des ressources

Plus en amont encore, le recyclage nécessite d’être intégré aux modes de production. C’est en effet dès leur conception que les produits doivent être pensés en termes de recyclabilité. L’écoconception des produits vise ainsi tout à la fois à maximiser l’usage de matières premières de recyclage (MPR) dans la fabrication, et la possibilité de recyclage des matériaux à la fin du cycle de vie du produit. En ceci, le recyclage s’inscrit pleinement dans les principes de l’économie circulaire.

Deux types de recyclage

De même qu’on distingue réemploi et réutilisation en tête de la hiérarchie des modes de traitement des déchets, on peut également distinguer deux types de recyclage en fonction de la dégradation de la matière nécessaire à sa réintégration dans un cycle de production.

Le recyclage est ainsi dit « en boucle ouverte » lorsque la MPR est utilisée en substitution d’une matière non recyclée pour une destination nouvelle. C’est le cas, par exemple, lorsque du papier est transformé en produit d’isolation, ou lorsqu’une bouteille en plastique est recyclée dans l’industrie textile pour la fabrication de fibre polaire.

Le recyclage est dit au contraire « en boucle fermée » lorsque la matière ne subit pas de perte fonctionnelle et qu’elle est donc réutilisée pour la fabrication d’un produit identique. C’est le cas lorsque de l’enrobé de route est recyclé pour fabriquer un nouvel enrobé, ou lorsque des bouteilles en verre sont fondues pour recréer de nouvelles bouteilles.

 

 

 

Pictogramme de 3 personnes qui cochent des missions sur un bloc note

La question de la perte de matière

L’enjeu du recyclage est de s’inscrire dans la durée, à travers une optimisation du nombre de cycles de réutilisation de la matière. À chaque étape, il est donc important de conserver un maximum de matière et d’en préserver les qualités. Les pertes de matières peuvent intervenir à toutes les étapes du recyclage, du tri effectué (ou non !) par le consommateur à la préparation des MPR, en passant par la collecte. On touche ici du doigt les limites du recyclage, plus que jamais au cœur des enjeux actuels en matière d’économie circulaire :

  • La collecte partielle, du fait des produits non triés, ou abandonnés dans la nature
  • La difficulté de récupération de certaines matières, qui rend le recyclage non rentable (notamment dans le cas des déchets électroniques)
  • Les pertes de matière lors du processus de transformation
  • La perte de qualité des matières (dans le cas des plastiques tout particulièrement)
  • L’utilisation des MPR pour la création de produits non recyclables
  • Les processus parfois énergivores

Si le recyclage est l’un des indispensables piliers du développement durable et d’une économie circulaire, ses limites confirment que la réduction des déchets doit être avant tout une priorité.

 

Quels logos pour le recyclage ?

Pour faciliter les gestes de tri chez les consommateurs ou les informer de la recyclabilité des produits qu’ils achètent, plusieurs logos ont été mis en place. À chacun sa signification !

L’anneau de Möbius

Symbole par excellence d’un système circulaire, l’anneau de möbius est un logo composé de trois flèches, souvent disposées en triangle. Symbole universel du recyclage depuis une cinquantaine d’années, il s’inspire du fameux ruban sans fin (aussi appelé ceinture) à bord homéomorphe décrit au 19e siècle par le mathématicien Auguste Ferdinand Möbius.

Lorsque ce logo est présent sur un produit ou sur son emballage, cela signifie que la matière en question peut être recyclée, à condition que le tri soit correctement effectué, qu’un système de collecte soit en place et qu’une filière dédiée existe.

Lorsque l’anneau de Möbius arbore en son centre un pourcentage, celui-ci se réfère à la proportion de MPR qui entre dans la composition du produit ou de son emballage.

Triman et info-tri

Triman est un logo représentant, dans un cercle, une silhouette humaine effectuant un geste de tri matérialisé par les trois flèches symboles du recyclage. Il indique que le produit ou son emballage doit être trié pour la collecte sélective, ou apporté à un point de collecte dans le but d’être recyclé.

Le logo est associé à une vignette info-tri, qui précise les modalités de tri du produit. Cette vignette est composée de deux parties distinctes, l’une illustrant le produit ou les parties de son emballage concernées, l’autre la destination du déchet : poubelle de tri, bac de recyclage adapté, déchetterie, point de collecte, etc. On le retrouve sur les capsules de café en aluminium, avec la possibilité, pour le consommateur, de se servir de sa poubelle de tri lorsque le territoire est éligible au recyclage des petits déchets en acier et alu. Dans le cas contraire, le consommateur est redirigé vers des points de collecte, en magasin par exemple.

Tidy man

Très explicite, le Tidy man représente une silhouette effectuant le geste de jeter un emballage dans une poubelle de type corbeille. Il informe le consommateur que le produit ou son emballage doit être jeté dans une poubelle classique avec les ordures ménagères, et non dans un bac de tri. En d’autres termes, il n’est pas recyclable ! Ce logo peut bien entendu être associé à l’anneau de Möbius : cela signifie la fin d’un ou de plusieurs cycles : la matière est issue du recyclage (en partie ou totalement), mais ne peut plus être recyclée de nouveau.

Poubelle barrée

Un logo représentant une poubelle (bac de collecte ménager) barrée d’une croix signifie que les produits ne doivent pas être jetés avec les ordures ménagères. Ils font l’objet de consignes spécifiques, généralement précisées sur l’emballage ou dans le manuel d’utilisateur. Ce logo est présent notamment sur les piles, sur les cartouches d’encre d’imprimante, ainsi que sur les produits électroniques ou électriques.

 

Pictogramme d'un bonhomme qui jette ses déchets dans une poubelle

Autres logos

D’autres logos peuvent être présents sur les produits ou leurs emballages, afin de faciliter l’identification des matériaux et orienter leur tri en amont comme en aval de la collecte des déchets. En plus des logos représentant l’alu, l’acier ou le polyéthylène haute densité, peuvent également figurer des logos spécifiques aux déchets dangereux : toujours entourés d’un losange rouge, ils signalent notamment les matières corrosives, toxiques, inflammables, explosives, sous pression, cancérigène ou nocives pour l’environnement.

 

Recyclage : quels enjeux pour les entreprises ?

La gestion des déchets concentre plusieurs enjeux majeurs dans une entreprise, relatifs à ses performances économiques, à ses performances environnementales et à son attractivité. Aujourd’hui, pour intégrer leurs activités dans un modèle d’économie circulaire, les entreprises doivent aller au-delà de la seule question des déchets, en s’intéressant à l’écoconception et en adoptant des modes de production qui permettent d’offrir aux matières plusieurs cycles de vie. Jouer le jeu du recyclage à toutes les étapes du cycle de vie des produits permet aux entreprises de répondre à des enjeux externes et internes, aussi bien d’ordre économique et écologique que réglementaire.

Enjeux réglementaires

Qu’il s’agisse des particuliers comme des professionnels, les détenteurs et producteurs de déchets sont responsables de leur gestion. Depuis l’été 2016, les entreprises sont par ailleurs soumises à l’obligation de tri et doivent dédier, au minimum, 5 bacs respectifs au papier et au carton, aux métaux, au plastique, au verre, et au bois.

Les entreprises produisant des biodéchets ont l’obligation de les faire valoriser à travers des filières adaptées (méthanisation, compostage). Sont également concernés les professionnels produisant des déchets d’huile alimentaire. Jusqu’en 2023, seules les entreprises produisant plus de 10 tonnes de biodéchets par an ou 60 litres d’huile alimentaire étaient concernés par cette obligation. Désormais, toutes les structures sont soumises à la même réglementation.

Dans le BTP, la gestion des déchets est réglementée par la loi AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire), qui a étendu la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) aux matériaux de construction à partir de 2022. Les artisans du BTP doivent notamment pouvoir attester par un bordereau du dépôt de leurs déchets dans les installations de collecte adaptées.

La loi prévoit aussi une obligation de traçabilité des déchets dangereux, c’est-à-dire classés comme tels en vertu des normes européennes.

 

 

 

 

Puzzle vert et bleu en construction

Enjeux économiques du recyclage

Une bonne gestion des déchets permet de limiter les coûts. Le recyclage, tout particulièrement, est un levier de maîtrise des dépenses parce qu’il concerne l’intégralité du cycle de vie d’un produit, dès sa conception. Pour une entreprise, s’engager en faveur du recyclage commence par le fait de repenser sa politique d’achats afin de réduire les emballages et les surplus de fourniture. Les modes de production peuvent être également revus dans le but de substituer les matières premières par des MPR.

Certaines dispositions réglementaires revêtent par ailleurs un enjeu financier pour les entreprises. C’est notamment le cas de la TGAP, Taxe Générale sur les Activités Polluantes, proportionnelle au degré de production des déchets.

Les enjeux économiques du recyclage se situent aussi du côté de l’image de marque et de l’attractivité de l’entreprise. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux problématiques environnementales et attentifs à leurs modes de consommation. La conception, la production et la distribution de produits responsables, recyclables et issus de matières recyclables, est aujourd’hui récompensée par l’amélioration de la réputation et par l’adhésion des consommateurs.

Enfin, en communiquant sur ses actions en faveur du recyclage dans le cadre de sa RSE et de ses reportings extra-financiers, une entreprise gagne en attractivité auprès des partenaires, qui eux aussi cherchent à s’entourer de fournisseurs, sous-traitants et prestataires de service vertueux.

 

Enjeux écologiques

Au-delà des considérations réglementaires et économiques, le recyclage est indispensable du point de vue environnemental. Une gestion optimale des déchets participe à la préservation des écosystèmes. Limiter la production de déchets et réserver aux déchets inévitables un traitement adapté permet d’éviter leur rejet dans la nature, qui entraîne une pollution des sols et de l’eau.

La valorisation des déchets leur confère un nouveau statut de ressource. Les principales filières du recyclage (métaux, granulats, papier-carton, plastique, bois, verre, textile) ne cessent de se développer, tandis que de nouvelles initiatives voient le jour, notamment autour de la valorisation du déchet mégot.

Le recyclage des déchets, en offrant une nouvelle vie aux produits ou aux matières, est un moyen de limiter le prélèvement des ressources naturelles : non seulement ces ressources sont préservées, mais la pollution et les dépenses d’énergie liée à l’extraction des matières premières sont également réduites.

La politique environnementale de l’Union européenne prend un virage que doivent aussi négocier, comme les wagons d’un même train, les politiques économiques, fiscales et industrielles. Le Pacte Vert pour l’Europe définit les défis climatiques à relever de manière urgente, et implique largement dans ces objectifs le secteur industriel. Pour se développer et permettre l’épanouissement d’une véritable économie circulaire, les filières du recyclage doivent en effet pouvoir compter sur un déploiement de nouvelles technologies permettant de réduire la dégradation des ressources, de diminuer la pollution atmosphérique et d’adopter des pratiques de production et de consommation plus durables.