Quelles sont les principales familles de déchets ?

Le déchet dispose d’un statut juridique, et dès lors qu’il est qualifié comme tel, sa gestion est soumise à une réglementation précise. Mais les précautions nécessaires à la collecte, au transport et au traitement diffèrent selon les catégories de déchets. Celles-ci peuvent être établies en fonction de plusieurs critères : les propriétés du déchet, son producteur, le secteur par lequel il est produit, sa recyclabilité ou sa dangerosité.

Les déchets ménagers

Comme leur nom le suggère, les déchets ménagers regroupent tous les déchets issus du quotidien des ménages, c’est-à-dire des particuliers, dans leur vie personnelle et à leur domicile.
Les déchets ménagers ne désignent pas seulement les ordures ménagères de la poubelle classique. Ils regroupent :

  • Les emballages recyclables (papiers, cartons, plastiques et métaux)
  • Les bouteilles et bocaux en verre
  • Les déchets verts issus du jardinage
  • Les encombrants (mobilier, etc.)
  • Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)
  • Les déchets dangereux ou toxiques : solvants, produits ménagers, peintures, huiles, etc.
  • Les déchets non recyclables, ou ordures ménagères résiduelles

 

 

 

Pictogramme de deux personnes qui jettent leurs déchets à la poubelle

Les déchets ménagers représentent donc une très large famille, qui englobe plusieurs catégories de déchets, donc plusieurs modes de collecte et plusieurs types de traitements (valorisation, recyclage, incinération, enfouissement, etc.). Cette classification de premier niveau permet de donner un statut au déchet selon son producteur, et donc son responsable. Le traitement des déchets issus des ménages relève en effet de la responsabilité collective, c’est-à-dire du service public, représenté par les collectivités territoriales.

Les déchets assimilés

On classe généralement les déchets ménagers, produits par les particuliers, aux côtés des déchets assimilés issus d’activités professionnelles. Ces deux catégories forment la grande famille des DMA : déchets ménagers et assimilés. Les déchets produits par les entreprises sont dits « assimilés » lorsque leur collecte et leur traitement relèvent également des collectivités. Par leur statut, ils sont « assimilés » aux ordures ménagères. Il s’agit de déchets dont la nature et la quantité ne nécessite pas de traitement technique particulier.
Une limite de volume est cependant fixée pour la collecte des déchets assimilés produits par les entreprises et administrations. Cette limite est fixée par la collectivité concernée. Elle s’élève généralement à un peu plus de 1000 L par semaine pour chaque établissement. Au-delà de cette limite, les déchets professionnels ne peuvent plus être assimilés à des ordures ménagères : ils relèvent alors de la responsabilité de leur producteur.

Les biodéchets

Les biodéchets sont définis par le code de l’environnement comme tous les déchets biodégradables non-dangereux. Ils incluent les déchets alimentaires et les déchets verts. Ils peuvent être issus des ménages ou des activités économiques.
Considérant qu’un tiers environ des ordures ménagères résiduelles est constitué par des déchets organiques, la loi AGEC a instauré dès 2024 la généralisation du tri à la source. Plutôt que d’être incinérés, les biodéchets sont utilisés pour la fabrication de compost.

Les déchets dangereux

La distinction des déchets peut également se fonder sur leurs propriétés. C’est le cas de la classification des déchets dangereux et non dangereux, qui distingue trois catégories de déchets selon le danger qu’ils représentent d’un point de vue environnemental et sanitaire.
Les déchets classés dangereux (DD) font l’objet de règles de gestion spécifiques. Contrairement aux déchets non-dangereux (DND) et aux déchets non-dangereux inertes (déchets du secteur du bâtiment comme les tuiles, les briques, le béton), les déchets dangereux présentent au moins une des 15 propriétés définies au niveau européen comme dangereuses : notamment toxique, inflammable, corrosif, infectieux, explosif, ou écotoxique.

Pictogramme de deux piles dans un bac avec logo du recyclage

La famille des déchets dangereux, large, englobe différentes catégories de déchets pour lesquels il existe des réglementations précises en matière de collecte et de traitement :

  • Les piles et batteries
  • Les mégots de cigarettes
  • Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)
  • Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI)
  • Les fluides frigorigènes (dans les réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs)
  • Les déchets amiantés
  • Les véhicules hors d’usage
  • Les appareils contaminés au polychlorobiphényles (PCB) et polychloroterphényles (PCT) (condensateurs, radiateurs à bain d’huile, transformateurs)

En France, la traçabilité des déchets dangereux est assurée par la constitution d’un bordereau de suivi des déchets (BSD), qui suit les déchets de leur point de production jusqu’au centre de traitement où ils sont acheminés.

Les déchets industriels et commerciaux

Le déchet industriel et commercial peut être un déchet recyclable, un déchet dangereux, ou un déchet inerte non dangereux.
Les déchets industriels et commerciaux se distinguent des déchets ménagers et assimilés du fait que leur collecte et leur traitement relèvent de la responsabilité de leur producteur. Dans le code de l’environnement, ils sont plus généralement appelés « déchets d’activités économiques ».
Dans le cadre de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) mise en place pour une vingtaine de secteurs en France, les entreprises productrices ont l’obligation de contribuer ou de pourvoir à la prévention et à la gestion des déchets provenant de leur activité.

Les déchets électroniques et électriques (DEEE)

En France, une filière propre à la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) est en place. Ces déchets, issus des ordinateurs, imprimantes, téléviseurs et autres appareils électroniques, peuvent contenir des composants ou substances qui représentent un danger pour l’environnement. L’enjeu est double concernant ces déchets :

  • Traiter de manière appropriée les matières dangereuses ou toxiques (métaux lourds, polluants persistants, etc.)
  • Optimiser le recyclage des matériaux (métaux, plastique, verre)
  • Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI)
  • Favoriser le réemploi des appareils (réparation en ressourcerie, reconditionnement, réutilisation des composants)

Le réemploi d’un DEEE entraîne naturellement sa sortie du statut juridique de déchet. C’est donc la solution à privilégier pour un projet de société visant le développement durable.

Les autres déchets

Certains déchets, issus des ménages ou des entreprises, ne figurent pas dans les grandes catégories évoquées ci-dessus. C’est notamment le cas des textiles, qui peuvent être déposés dans des bornes dédiées pour être valorisés. Selon leur état, il seront réemployés ou recyclés, notamment en matériaux d’isolation.
Les lampes et ampoules font aussi souvent l’objet de questionnement. Bien que composées de verre, elles ne doivent pas être jetées avec les bouteilles et bocaux. Elles peuvent être rapportées en magasin ou emmenées en déchetterie, de même que les piles usagées.
Les médicaments non utilisés, périmés ou non, ne figurent pas dans la catégorie des DASRI. Ils doivent être rapportés en pharmacie pour être collectés puis traités par une filière spécifique. Il est essentiel à la santé publique de ne pas les jeter dans l’évier ou dans l’eau des toilettes.
Enfin, certaines collectivités mettent en place des bornes dédiées à la collecte des feuilles de papier et des magazines. Dans d’autres, vous pourrez les jeter avec les emballages carton (poubelle jaune).

 

En comprenant les spécificités des principales familles de déchets et les enjeux qu’elles revêtent, nous pouvons adopter des pratiques de gestion adaptées. Trier, recycler, réemployer ou soumettre à un traitement spécifique : chaque catégorie de déchet nécessite une approche appropriée pour réduire notre empreinte écologique et avancer vers une gestion durable des ressources.